FORM’ACTION : Réflexions sur le Mixte-Energétique
Publié le : dimanche 29 novembre 2009
Compte-rendu de la Conférence-débat du Lundi 28 septembre 2009
Avec François DOSE, ancien Maire de Commercy et Député de la Meuse et Jean LAUNAY, Député-Maire de Bretenoux
Après les mots d’accueil de Jean-Marc Vayssouze, 1er Fédéral, remerciant les présents et soulignant la volonté de la Fédération du Lot de s’impliquer dans les débats nécessaires à l’élaboration du projet, Bruno Lucas , Secrétaire Fédéral à la Formation, a rapidement introduit le sujet.
Les conditions économiques, sociales et techniques contemporaines de la création, il y a plus de cent ans, du Parti Socialiste ayant radicalement évoluées, notamment en ce qui concerne l’état des ressources en énergies et matières premières, il est plus que nécessaire d’interroger politiquement le mode de production qui a prévalu jusque-là.
François DOSE, ancien Maire de Commercy et Député de la Meuse qui était invité à nous aider à structurer notre réflexion s’est attaché tout d’abord à rappeler les convictions sur lesquelles est fondé notre engagement politique :
- « L’ardente obligation de la (des) chose(s) publique(s) » fondée sur la crainte que la somme des intérêts particuliers ne soit inférieure à l’intérêt général, commande au militant politique de s’impliquer personnellement.
- En ayant toujours à l’esprit le double souci de l’efficacité et des solidarités (générationnelle, territoriale et sociale)
- Ainsi que tout acte posé permette réellement de créer une situation nouvelle dans un sens positif et progressiste.
- Enfin que toute contribution s’inscrive dans le cadre d’une action collective et démocratique.
Il dit sa crainte qu’aussi dramatique soit la crise financière dans laquelle nous sommes, le remboursement de la dette qu’elle va générer pour les générations futures ne soit rien au regard de celle qui est d’ores et déjà due à la crise environnementale que notre mode de production a suscité.
Les changements climatiques pourraient aussi bien ne pas être seulement progressifs mais exponentiels, créant rapidement un enchaînement entre fonte des glaciers, montée des eaux dans les zones côtières entraînant des mouvements de populations, modification des espèces vivrières dans le cadre d’un décalage des zones climatiques (les tropiques se substituant à l’ambiance méditerranéenne, etc…).
Si au niveau du G8, les proportions d’usages énergétiques s’établissent à 60% pour l’habitat et les transports, 30% pour l’industrie (dont 12% pour l’électricité) et 5% pour l’agriculture, au niveau du G20, le rapport s’inverse, l’industrie prenant la première place.
Notre production énergétique s’établie dans les proportions de 80% d’électricité (nucléaire), 12% hydraulique, 5% renouvelable et 3% de gaz & pétrole.
Mais la biomasse (le bois) est-elle une énergie renouvelable si l’on consomme chaque année, plus que ce qui repousse ? L’énergie éolienne n’étant pas constante, il faut prévoir le maintien du service par d’autres investissements, la géothermie tient-elle ses promesses et qu’en est-il du recyclage du silicium nécessaire aux panneaux photovoltaïques ?
En tout état de cause l’état des ressources se compte en quelques décennies pour le pétrole et le gaz, 2 siècles pour le charbon, quelques siècles pour l’uranium, il n’y a que le soleil qui soit à peu près infini.
Ainsi devrons-nous réfléchir en termes politiques et assumer des choix :
- En commençant d’abord par la sobriété énergétique : les collectivités territoriales ne devraient elles pas afficher des budgets séparés pour mettre en évidence les coûts de l’énergie ?
- L’urbanisme recèle un potentiel d’économies énergétiques (réduction des déplacements, …), ainsi que l’habitat (isolation thermique, amélioration des performances…).
- La fiscalité environnementale est une évidence, mais pas à la manière de la « Taxe Carbone » voulue par Sarkozy qui s’avèrera inefficace et injuste.
- Enfin, il nous faudra statuer sur les proportions de nos productions énergétiques, le nucléaire n’étant pas à terme raisonnable (déchets, radioactivité, accidents, …). Il faudra en réduire au plus vite la proportion (60% au lieu de 80% en dix ans) et rapidement s’en affranchir.
Et, au fond, il nous faudra trancher sur la méthode (normative ou incitative) et sur l’opérateur (public ou privé), c’est-à-dire sur la manière de conduire l’action, en vue de l’intérêt général.
Jean LAUNAY est ensuite intervenu sur les sujets qui sont en cours de discussion au Parlement en ce qui concerne la fiscalité environnementale. La loi de finances introduisant deux nouvelles mesures : la suppression de la Taxe Professionnelle et l’instauration de la Taxe Carbone. C’est, une fois de plus, le report de l’allègement de la charge des entreprises sur les collectivités et les ménages. L’affichage d’une fiscalité à part (Taxe Carbone soi-disant compensée) masquant mal la réalité d’une fiscalité « en plus », c’est un mauvais débat qu’introduit le Gouvernement.
Il nous fit également part de ses inquiétudes à propos du renouvellement prochain (2010-2012) des concessions d’exploitation des chaînes de barrages hydrauliques qui risque de poser des problèmes en matière de sécurité, technique et d’approvisionnement et en termes de macroéconomie régionale.
Le débat s’est ensuite engagé entre la salle et les conférenciers.
- Les projets d’installation de « fermes solaires » disposant des centaines de mètres carrés de panneaux photovoltaïques posent une fois de plus le problème de l’investissement privé spéculatif au détriment d’une gestion collective, sans considération des conséquences possibles (traitement des déchets, impact environnemental, etc.).
- Peut-on envisager « sortir du nucléaire » ? Pourquoi et comment ?
- La croissance est-elle toujours un dogme au Parti Socialiste ? Et pourquoi ne pas envisager une décroissance des modes de consommation par un renforcement de l’autonomie du citoyen qui pourrait être son propre producteur, y compris d’énergie… !?
- Verra t on l’émergence des technologies de la sobriété ?
Si vous voulez réagir à ce compte-rendu, le compléter ou suggérer de nouveaux sujets de réflexion ou d’action relatifs à ce sujet – dans l’attente de la mise en service de notre nouveau site – merci de les faire parvenir par mail à l’adresse suivante : lucas.bruno.archi@free.fr
Et n’oubliez pas :
Dans le cadre de la Fédération des Elus Socialistes et de Progrès du LOT LUNDI 19 OCTOBRE à 20h30 à LABASTIDE-MURAT :
Etes-vous prêt ?
A vous mobiliser avec le PS, pour faire gagner la gauche, lors des prochaines élections…