Parti socialiste Fédération du Lot

FORM’ACTION : L’Hôpital et la Réforme Hospitalière - Compte-rendu

Publié le : mardi 5 janvier 2010

Le 23 novembre, Agnès BERTRAND et Olivier DARREYE, nous ont fait part de leurs réflexions sur la Réforme Hospitalière en cours et sur l’état de la désertification médicale en zone rurale

Agnès BERTRAND est consultante en formation hospitalière, elle a été Conseillère Technique de Paulette Guinchard-Kunstler alors Secrétaire d’Etat en charge des Personnes Agées, au moment de la mise en oeuvre de l’APA par le gouvernement de L. Jospin. Olivier DARREYE, est Médecin à Vayrac, responsable départemental du Syndicat MG France. Il a notamment été en charge d’un réseau de soins palliatifs dans le nord du département.

Toute l’action de Nicolas Sarkozy, sous couvert de modernisation de notre pays, consiste à accréditer l’idée toute néo-libérale, que notre modèle social est à bout de souffle, trop coûteux, voire inadapté aux réalités du monde économique dans lequel il s’inscrit, c’est-à-dire celui de la mondialisation concurrentielle.

Ainsi, le système de protection sociale mis en œuvre au sortir de la seconde Guerre mondiale, grâce au Programme du Conseil National de la Résistance, serait-il irrémédiablement en déficit.

Quand on questionne les gens de gauche sur leur définition de l’identité nationale française, immédiatement après avoir cité la devise qui est à tous les frontons de nos établissements publics et dont nous sommes à juste titre fiers car elle résume tout notre idéal commun : Liberté, Egalité, Fraternité. Ils argumentent sur le modèle de société que nous avons collectivement construit, modernisé et protégé, à savoir : un état souverain et démocratique organisant et gérant un système de protections sociales et un Service public garantissant la redistribution et la péréquation entre tous les citoyens de tous nos territoires.

Contre les attaques néo-libérales et les débats oiseux dans lesquels la majorité actuelle veut nous entraîner, il est donc de notre responsabilité de bien comprendre les pseudos réformes qui sont aujourd’hui élaborées, pour mieux en dénoncer les effets destructeurs à termes et de réfléchir au contre-projet que nous proposerons, en son temps à nos concitoyens.

C’est pour cela que nous avons invité ce soir Agnès Bertrand. Elle est un observateur attentif et compétent du projet de Loi Hôpital, Patient, Santé et Territoires, (HPTS) dite loi Bachelot, dont elle va nous expliquer les objectifs évidents et les conséquences prévisibles à termes, sur notre système de santé.

Lire la présentation de l’exposé d’A. Bertrand

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Puis Olivier DARREYE exposa d’une part les articles réglementaires qui fondent la notion de Service Public de l’exercice de la médecine et il mettra en regard les moyens humains qui sont affectés à cette mission. Dans le cas du département du Lot, si la situation actuelle est encore satisfaisante, il est clair qu’au terme des cinq prochaines années, la démographie médicale rendra impossible l’exercice d’un service médical de proximité.

Il nous dira les solutions déjà en oeuvre, avec notamment le réseau ARMEL, qui permet par une régulation centralisée d’assurer la permanence des soins, la nuit et les week-end. Et il développe l’intérêt de mise en oeuvre des Maisons Médicales - structure associative aidée par les collectivités territoriales - permettant aux médecins libéraux de se regrouper pour assurer une permanence et fixer un certain nombre de services complémentaires (spécialistes, infirmier(e)s, etc.).

S’engage alors un débat avec la salle qui a bien intégré, du fait de ces exposés, qu’il s’agit bien de la spoliation du service public de médecine qui est à l’oeuvre.

Que ce soit au niveau de l’hôpital (témoignages d’acteurs présents) ou au niveau de la médecine de ville, dont on organise la concurrence en gérant la pénurie, ce sont tous les secteurs qui sont mis en difficultés. Or le fondement de notre organisation sanitaire dépend exclusivement de la volonté politique. Par la volonté de ne faire peser que sur les revenus du travail, le financement du service public de santé, dans une période de précarisation et de raréfaction du travail, il est évident qu’on ne cherche pas à en pérenniser l’existence.

C’est donc bien de cette volonté politique, d’inscrire le droit à la santé pour tous, que nous devrons faire preuve pour doter un pays riche comme la France d’un des meilleurs systèmes, basé sur la justice sociale et le respect de la dignité humaine.